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ATTENTES ET MOTIVATION DES SALARIES AU TRAVAIL

1. ÉVOLUTION DES ATTENTES DES SALARIES DANS LEUR EMPLOI

Depuis les 70 dernières années, le monde du travail a subit une série de mutations économiques, sociales et sociétales.
Au sortir de la seconde guerre mondiale, la France a connu une période de forte croissance économique et sociale (1945-1975). Pendant les Trente Glorieuses, plusieurs phénomènes socio-démographiques ont donc eu lieu (baby-boom, augmentation du nombre de mariages…) mais également des phénomènes socio-économiques et particulièrement dans le monde du travail : le plein emploi. A cette époque, les problématiques et la représentation du travail en entreprise ou même dans les ménages étaient différentes. Le travail ne représentait qu’une source de revenus nécessaire pour subvenir aux besoins du salarié et de sa famille. D’ailleurs, il était socialement courant de voir les salariés réaliser toute leur carrière dans la même entreprise dès lors que le revenu permettait de faire vivre la famille du salarié.
Au fil des décennies et suite aux différentes mutations de la société et du monde du travail, la place et l’importance de l’emploi occupé par les salariés ont considérablement évolué. En effet, après cette période faste et encore aujourd’hui, la France connait des difficultés économiques qui se ressentent dans le monde du travail : taux de chômage exceptionnellement élevé (10,2% de la population en juin 2016 ), précarisation de l’emploi (développement des CDD, intérim…), modification du régime de retraite etc.
De plus, les aspirations des salariés ont également changé puisque la tendance actuelle est de réussir à concilier vie professionnelle et vie personnelle, en favorisant le développement personnel des salariés et le bien-être au travail.
C’est dans ce contexte que se sont développées les différentes disciplines de santé au travail. Avec l’étude de la prévention et des différents risques professionnels qu’ils soient physiques, environnementaux, organisationnels ou psycho-sociaux, la communauté scientifique a pu se rendre compte que ce nouveau concept sociétal du travail n’est parfois pas en adéquation avec les attentes des salariés par rapport à leur activité de travail. En effet, on observe que pour le salarié de 2016, une rémunération correcte ne suffit plus pour être moteur de motivation au travail.

2. QU’EST-CE QUE LA MOTIVATION AU TRAVAIL ?

Pinder (1983) explique que la motivation peut varier selon les individus au même moment ou encore à différents moments chez le même individu selon les circonstances. Roussel (2000) rajoute que plusieurs facteurs internes (besoins, les pulsions, l’instinct, les traits de personnalité) ou externes (situation, de l’environnement de travail, de la nature de l’emploi, du mode de management des supérieurs, etc.) peuvent avoir une influence sur la présence et l’intensité de la motivation chez un individu.
Plusieurs auteurs ont théorisé le fonctionnement de la motivation au travail. Une des plus connue est la théorie des besoins. En 1943, Maslow avait décrit et expliqué que l’individu hiérarchisait ses besoins et cherchait à les satisfaire selon un ordre de priorité du bas de la pyramide au plus haut point. Cette théorie peut à la fois être appliquée dans le cadre d’analyse des comportements personnels comme des comportements professionnels dans un cadre managérial par exemple.

pyramide

  • Besoin physiologiques : Ce type de besoins correspond aux impératifs primaires de l’être humain pour rester en vie : la faim, la respiration… Dans le travail, cela se rapport à l’apport d’une rémunération et d’un environnement de travail adéquat, afin de pouvoir assouvir ces besoins. Par exemple, un salaire pour pouvoir faire ses courses et un robinet d’eau ou une fontaine pour pouvoir boire sur son lieu de travail.
  • Besoins de sécurité : Cette partie sous-entend une certaine stabilité matérielle, financière et physiologique à l’être humain. Celle-ci sera notamment facteur du salaire ou encore du contrat de travail (CDI, CDD…).
  • Besoins d’appartenance : Ce besoin correspond au besoin de socialisation de l’être humain. En effet, l’Homme a besoin d’avoir un statut social, d’être intégré dans un groupe dans lequel il peut s’exprimer. L’environnement social du travail pourra assouvir ce besoin via les communications, l’attachement à un service et la culture d’entreprise par exemple.
  • Besoins d’estime : On parle ici d’être reconnu pour son travail. Cela peut passer par différents facteurs. Un employeur peut par exemple montrer sa confiance à un salarié en lui confiant plus de responsabilités, plus d’autonomie. On peut aussi parler de valorisation du travail effectué.
  • Besoin d’accomplissement de soi : Il va s’agir davantage du développement personnel dans la personne. Dans cette perspective, on répond aux questions de sens et d’accomplissement au travail ou encore au développement des compétences liées à une évolution de poste par exemple.

3. LA MOTIVATION AU TRAVAIL ET LES RISQUES PROFESSIONNELS

Dans ce développement de la théorie des besoins, on retrouve plusieurs déterminants également présents dans les Risques Psycho-Sociaux.
En effet, chaque besoin décrit dans la figure de Maslow peut correspondre à des facettes de travail qui auront un impact direct sur la santé physique et psychologique du salarié.
Ainsi, des disciplines comme la psychologie du travail, la sociologie du travail ou d’autres disciplines managériales s’attèlent au développement de différents concepts concernant les facteurs de reconnaissance du travail, la valorisation du travail ou encore d’évolution professionnelle.
Il est clair que les enjeux actuels de la santé au travail vont bien au-delà de l’unique santé physique du salarié compte-tenu de la complexité des différents mécanismes qui composent une situation de travail. De surcroit, le défi des entreprises en plus des obligations de sécurité et de résultats définis par le code du travail, est de conserver et fidéliser leur masse salariale en leurs proposant des conditions de travail et des perspectives qui leurs permettront de se projeter et de s’investir dans leur emploi et leur activité de travail.